Dyslexie et troubles de l'apprentissage

Cabinet d'ostéopathie du Roussillon

Introduction

Dyslexie, troubles de l’attention, dysorthographie, dyspraxie, hyperactivité et autres troubles de l’apprentissage : une nouvelle approche thérapeutique par les réflexes archaïques. Encore appelés réflexes de survis, ils sont innés et constituent les fondements de notre système neurologique.

Explications

Certains sont bien connus du public : le réflexe de succion qui permet au nouveau-né de s’alimenter, le réflexe de la marche automatique, le réflexe palmaire d’agrippement qui fait que le nourrisson serre fortement l’objet ou le doigt qui se trouve dans sa main.

Près de 70 réflexes ont été décrits. Ces réflexes émergent lors de la vie fœtale, se développent et s’imbriquent entre eux. Ils constituent les fondements de notre système neurologique et donc du développement psychomoteur. La plupart de ces réflexes disparaissent lors de la première année de vie : ils sont progressivement intégrés par le système neurologique pour perdre leur mode réflexe et devenir une activité volontaire.

Dans certains cas ces réflexes n’apparaissent pas correctement ou au contraire persistent trop longtemps, ce qui va venir « polluer » le développement psychomoteur. L’origine de la plupart des TSA est liée à des réflexes archaïques non intégrés.

Les traitements conventionnels (orthophonie, psychomotricité) sont parfois insuffisants pour permettre à ces enfants d’avoir une scolarité ou un comportement social satisfaisants.

Les neurosciences, en particulier par les découvertes de l’IRM fonctionnelle, apportent un éclairage nouveau sur ces dysfonctionnements du développement psychomoteur.

Qu’est-ce –que l’IRM fonctionnelle ?

Il s’agit d’un examen qui permet de visualiser la partie du cerveau en activité lors d’un travail cognitif, par exemple la lecture, l’écriture ou le calcul mental.

Quels en sont les résultats ?

L’IRM fonctionnelle a retrouvé des particularités anatomiques du cerveau chez les enfants qui présentent un TSA(troubles spécifiques de l’apprentissage : les zones en activité, lors de la lecture par exemple, ne sont pas les mêmes chez le dyslexique que chez les autres enfants. Un manque de maturité du cerveau et de mauvaises connexions entre certaines de ses zones qui doivent travailler en synergie seraient à l’origine des TSA.

Les spécialistes en neurosciences considérent que le cerveau des enfants présentant un TSA manque de maturité et qu’il y a association de dysfonctionnements qui sont survenus lors de la grossesse, de l’accouchement ou de la toute premiere enfance.

Or cette période correspond à l’apparition puis à l’intégration des réflexes archaïques.

Heureusement, le cerveau a une plasticité remarquable : il peut être remodelé et retrouver une maturité par l’apprentissage à condition cependant de rétablir au préalable les connexions nécessaires.

Quelles sont les causes d’une mauvaise intégration des réflexes archaïques ?

Les traumatismes, physiques ou psychologiques survenus chez la maman lors de la grossesse.

Les traumatismes survenus lors de l’accouchement : position en siège, ventouse ou forceps, cordon ombilical serré mais aussi, pour certains, la césarienne : la véritable chorégraphie effectuée par le nouveau-né au moment de l’accouchement est d’ailleurs nécessaire à l’apparition et à la bonne intégration de certains des réflexes archaïques.

Les traumatismes physiques ou psychologiques survenus lors de la première année de vie : maladie, hospitalisation, séparation des parents ou décès.

Par ailleurs, lorsque ces réflexes sont intégrés, ils restent enfouis dans notre mémoire fondamentale et peuvent réapparaître y compris chez l’adulte soit de façon bénéfiques soit de façon pathologique :

Par exemple, si vous trébuchez dans un escalier, de façon réflexe votre bras va se tendre, votre main va essayer de saisir la rampe : le réflexe tonique asymétrique du cou et le réflexe d’agrippement réapparaissent ponctuellement pour éviter la chute.

Par contre, lors d’un traumatisme grave, certains réflexes (réflexe de Moro, réflexe de paralysie par la peur) peuvent réapparaître durablement et donner des peurs, des angoisses, un syndrome dépressif ou la tentation de se refermer sur soi-même.

Peut-on traiter les réflexes archaïques ?

Oui et de façon plutôt simple. Quelques mois de traitement sont nécessaires (une consultation par mois chez un praticien formé à cette nouvelle thérapie et quelques minutes d’exercices à faire tous les jours). Les progrès sont souvent spectaculaires mais progressifs puisque l’objectif est de recréer des connexions neurologiques qui vont réactiver certaines parties du cerveau.

Ce traitement est-il suffisant à lui seul et le même dans tous les TSA ?

Nous parlons de nouvelles approches thérapeutiques et pas d’un traitement uniforme.

Par exemple, pour la dyslexie, il n’y a pas un traitement prédéfini : chaque enfant dyslexique est différent et nécessite un bilan qui déterminera ses besoins.

En complément des traitements par orthophonie ou psychomotricité, chaque enfant qui présente un TSA devrait avoir :

Une prise en charge ostéopathique afin de « déparasiter » la motricité des éventuels blocages articulaires

Un bilan postural qui déterminera si des semelles à action neuromusculaire sont utiles pour le stabiliser : le terme même de développement psychomoteur permet de comprendre que l’on ne peut pas dissocier posture et activités intellectuelles

Un bilan de la vue et de l’oculomotricité : il est paradoxal de devoir rappeler que nous lisons avec nos yeux et que les muscles des yeux participent à la lecture aussi bien que la langue ou que la méthode d’apprentissage de celle-ci.

Un bilan de la position de la langue dans la bouche : une langue anormalement positionnée peut induire des informations neurologiques qui perturbent le développement psychomoteur.

Un bilan des réflexes archaïques qui permet de retrouver ceux qu’il convient de traiter.

Ce bilan permet de connaître les besoins de l’enfant et de proposer un traitement adapté, différent pour chacun, en étroite collaboration avec les parents et en respectant les priorités, ce qui permet d’éviter les multiples consultations chez chacun des spécialistes impliqués dans ce traitement.

Quelques conseils ?

Dès les premiers jours, en phase d’éveil, mettez vos enfants sur le ventre. C’est cette position qui va stimuler le développement psychomoteur. Dès qu’ils en ont l’âge, les laisser ramper et marcher à quatre pattes, puis marcher pieds nus.

Si vous n’allaitez pas votre bébé, alternez pour le bibi le maintien par le bras droit ou le bras gauche : sinon, c’est toujours le même œil et la même oreille qui seront stimulés.

N utilisez les maxi-cosy que pour les déplacements : sous prétexte de sécurité, l’enfant est dans un carcan qui limite la motricité et donc inhibe son apprentissage.

Lors de la première enfance, n’utilisez pas les « youpalas » ou trotteurs de toute sorte, ainsi que les parcs trop petits. Achetez plutôt des tapis de sol et jouez avec eux !!

Tous les enfants devraient bénéficier d’un bilan ophtalmologique ou orthoptique systématique avant le 9ème mois : les yeux ont une importance primordiale à cet âge pour le développement psychomoteur.

Et enfin, jetez la tétine dès la fin de la 2ème année pour éviter de perpétuer le réflexe de succion et permettre à la langue de bien se positionner.